La Société québécoise de science politique dénonce la décision de l’Université Laurentienne

Les coupures de postes et abolitions de programmes d’études annoncées mardi par l’Université Laurentienne sont inquiétantes. Non seulement une firme privée (Ernst & Young) dicte l’avenir de l’enseignement universitaire en milieu francophone minoritaire, mais en plus cette décision contribue à la folklorisation de la langue française au Canada. Enseigner, faire de la recherche et diffuser la science, dont la science politique, en français assure la pérennité de la langue ainsi que son épanouissement, surtout en région minoritaire comme en Ontario.

Aux niveaux provincial et fédéral, les gouvernements responsables du financement de l’Université Laurentienne ont laissé sa situation budgétaire se détériorer sans intervenir auprès d’une administration à la gestion irresponsable. Après l’avenir incertain du campus de St-Jean en Alberta et, maintenant, de l’Université Laurentienne, quelles seront les prochaines universités francophones ou bilingues à disparaître au Canada ? Le multiculturalisme unilingue est une contradiction en soi, qui pourrait malheureusement devenir une réalité canadienne si la situation en cours n’est pas transformée rapidement.

Au-delà des considérations linguistiques, de nombreuses personnes sont touchées par ces coupes drastiques et inhumaines. Les personnes licenciées (professeurs et professeures, employés et employées administratif·ve·s et de soutien), et de nombreux étudiants et étudiantes, devront bientôt quitter une région qu’elles et ils aiment et à laquelle elles et ils font une contribution déterminante.

Les membres du Conseil d’administration de la Société québécoise de science politique dénoncent publiquement les coupures de l’Université Laurentienne et invitent les gouvernements responsables à soutenir la survie de la francophonie universitaire en Ontario et partout ailleurs au Canada. Elles et ils expriment également toute leur solidarité à leur sept collègues politologues touché.e.s directement par cette décision incompréhensible. Nous leur souhaitons du courage et les assurons de notre appui.

Le Conseil d’administration de la SQSP

*Photographie: Jason Paris, téléchargée à partir du quotidien Le Devoir