Appel à propositions – Pour en finir avec les « fausses nouvelles »

Pour en finir avec les « fausses nouvelles »
L’avenir des politiques et des pratiques en éducation aux médias 

La diffusion à large échelle d’informations peu fiables, voire trompeuses, participe à un climat de méfiance envers les médias et contribue à l’apathie civique. Elle s’inscrit dans un contexte de transformation médiatique accélérée et elle soulève des questionnements à propos de la capacité des divers auditoires à procéder à une analyse critique du travail journalistique et de l’information.

Le contexte à l’intérieur duquel s’inscrivent les discussions sur les « fausses nouvelles » est particulier. Les médias traditionnels sont confrontés à une crise économique et politique majeure. La confiance du public envers les journalistes a atteint des niveaux historiquement bas, alors que les modèles économiques sur lesquels repose la production journalistique s’effondrent et que les décideurs politiques alimentent la suspicion envers les institutions « phares » du journalisme. Cette crise se déploie alors que le spectre de connaissances et de compétences nécessaires à l’évaluation critique de l’information journalistique s’étend et se complexifie considérablement. Une telle évaluation requiert désormais des auditoires qu’ils disposent de compétences en recherche et en analyse de l’information, qu’ils maitrisent les bases de l’économie politique de la production et de la circulation de l’information au sein d’environnements numériques complexes, qu’ils comprennent le fonctionnement des plateformes de diffusion de l’information, et qu’ils disposent d’une certaine connaissance des normes et des genres journalistiques. La prolifération des « fausses nouvelles » s’inscrit donc dans un contexte de crise où l’on redécouvre et reconsidère la question des compétences nécessaires à l’analyse critique du travail journalistique et de l’information.

L’événement Pour en finir avec les « fausses nouvelles » intègrera ces considérations et proposera des recommandations concrètes pour renforcer les politiques publiques et les pratiques en éducation aux médias. Il réunira des éducateurs.trices, des journalistes, des décideurs.ses politiques, des universitaires, des militant.e.s, des membres du public et des expert.e.s au cours de deux journées d’activités qui se tiendront à Montréal les 9 et 10 novembre 2018. Ces deux journées auront pour objectif de faire émerger des discussions qui dépasseront la question des « fausses nouvelles » pour examiner les pratiques, les politiques, les programmes et les outils développés au Québec, au Canada et dans le monde en éducation aux médias.

Les activités organisées comprendront une conférence d’ouverture et deux séances plénières. Des ateliers simultanés seront dirigés par des animateurs.trices afin d’aborder les questions qui guident cet événement et proposer des recommandations concrètes en matière d’éducation aux médias. Toutes les présentations et discussions seront traduites simultanément en français et en anglais. L’événement sera gratuit et des rafraîchissements seront servis.

Pour en finir avec les « fausses nouvelles » est organisé par la Chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humains, la TÉLUQ, le Groupe de recherche en communication politique, le Centre d’études sur les médias, et la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

 

APERÇU DES ACTIVITÉS

JOURNÉE 1 – Conférence d’ouverture et réception en soirée

JOURNÉE 2 – Séance plénière du matin

3 ateliers simultanés

Dîner (offert)

3 ateliers simultanés

Séance plénière de clôture

 

APPEL À PROPOSITIONS D’ACTIVITÉS POUR LE JOUR 2

Vous et votre organisation êtes invités à proposer une activité d’atelier au jour 2 de l’événement (10 novembre 2018) qui répond à l’une ou à l’autre des questions d’orientation présentées ci-dessous. Nous accueillerons pour évaluation tout format, toute initiative stimulante qui favorisera la discussion entre les participants. Les activités proposées peuvent notamment prendre la forme de présentations individuelles ou de groupes, de panels, de séances de remue-méninges, de tables rondes, d’expériences de groupes, de présentation de projets, de programmes de formation ou de politiques. Les activités peuvent être présentées en français, en anglais ou dans les deux langues.

Le comité regroupera les activités retenues en six ateliers de 90 minutes chacun et en deux séances plénières. Chaque atelier devra produire deux recommandations devant permettre d’étoffer les politiques ou les pratiques en éducation aux médias. Pour chacun des ateliers, un.e rapporteur.se fera état des recommandations adoptées en ateliers lors de la discussion plénière de clôture. Cette dernière présentera aux participants l’ensemble des recommandations formulées à l’égard des politiques et des pratiques en éducation aux médias.

Veuillez télécharger votre résumé (environ 300 mots, proposant une activité conçue pour répondre à l’une ou l’autre des questions d’orientation), accompagné d’une courte biographie (moins de 150 mots) qui comprend vos intérêts et votre travail dans le domaine de l’éducation aux médias à l’adresse suivante : https://goo.gl/forms/LxiYpMqTzGgYKx5j1. Les propositions seront étudiées, en concertation avec les intervenants, et regroupées par thème. La date limite de soumission des propositions est fixée au 6 avril 2018.

L’inscription à cet événement est gratuite. Le comité organisateur dispose de fonds qui permettront de couvrir les frais d’hébergement et de déplacement d’un nombre limité de présentateurs. Les personnes qui désirent voir ces frais assumés par le comité organisateur doivent en faire la demande explicite dans leur proposition. Des lettres officielles d’invitation peuvent également être rédigées sur demande.

 

APPEL AUX PARTICIPANTS

Si vous êtes intéressé.e à assister à la 2e journée de l’événement (10 novembre 2018), mais que vous ne souhaitez pas présenter une activité, veuillez simplement nous envoyer une courte biographie (moins de 150 mots), à l’adresse suivante : conf.emdh@gmail.com. Les biographies des participant.e.s seront acceptées tant qu’il restera des places libres. Les biographies seront examinées et les participant.e.s seront sélectionnés selon le principe du premier arrivé, premier servi.

 

QUESTIONS D’ORIENTATION

L’éducation aux médias: qu’est-ce que c’est, qui en est responsable et qu’est-ce qui fonctionne ? Comment peut-on définir l’éducation aux médias ? En quoi consiste l’éducation aux médias ? Qui en est responsable, et devant qui ? Comment passer de la méfiance envers les institutions médiatiques à une critique éclairée ? Quelles expériences ont donné des résultats positifs ? Quelles leçons pouvons-nous tirer des expériences locales en éducation aux médias ?

Quels sont les programmes d’enseignement et les politiques publiques qui contribuent à promouvoir l’éducation aux médias Quels sont les objectifs de ces programmes de formation ? Quels concepts et définitions clés peuvent éclairer les pratiques et les politiques en éducation aux médias ? Quelles sont les compétences que regroupe cette notion ? Quelles politiques publiques en matière d’éducation aux médias sont nécessaires ? Quelles sont les pratiques d’éducation aux médias au sein des écoles ? Quelles sont les approches réglementaires en éducation aux médias ?

Quelle est la relation entre les compétences en éducation aux médias et une participation citoyenne éclairée ? Quels sont les espaces, les lieux privilégiés pour les citoyen.nes qui souhaitent développer et exercer ces compétences ? Quelles pratiques éducatives les médias d’information grand public, privés, publics, communautaires, radicaux, alternatifs ou autonomes adoptent-ils ? Comment promouvoir le développement des espaces et des lieux qui contribuent au développement des pratiques et des compétences en éducation aux médias ? Quelle est la relation entre les médias traditionnels, la participation critique à la vie civique et les lacunes en éducation aux médias ?

Quelle trajectoire historique et quels contextes actuels engendrent la nécessité d’une éducation aux médias Que signifie l’éducation aux médias à l’ère numérique ? Quel est l’impact des technologies numériques sur les politiques et les pratiques en éducation aux médias ? De quelles manières les perspectives critiques sur le journalisme, le marketing politique, la propagande, l’idéologie et le capitalisme contribuent-elles à la réflexion sur les «fausses nouvelles» et l’éducation aux médias ? Comment les politiques et les pratiques d’éducation aux médias peuvent-elles contrer la désinformation et les dynamiques d’oppression reproduites par certaines organisations médiatiques ?

De quelles façons les différentes perspectives sur l’économie politique des médias, le journalisme et le cycle de production de l’information orientent-elles ce que l’on entend par « éducation aux médias » ? En quoi disposer d’une meilleure compréhension des transformations en cours à l’égard des pratiques de production et de consommation de l’information contribue-t-elle à l’éducation aux médias ? Quelles sont les capacités et les limites des médias en matière d’équilibre, d’exactitude et d’équité ? Comment se construisent la visibilité, la crédibilité et l’autorité dans les nouvelles ? Comment pouvons-nous repenser le journalisme sous le prisme de l’éducation aux médias ? De quelles manières les perspectives sur la précarisation du travail et des pratiques de production journalistiques influencent-elles les politiques et les pratiques en éducation aux médias ? Quelles règles et normes devraient s’appliquer aux plateformes de médias sociaux ?