En matière d’immigration, la SQSP propose de se référer aux savoirs

En matière d’immigration, la Société québécoise de science politique propose de se référer aux savoirs

À quoi sert la science politique ? Entre autres à former des citoyens qui participent à l’élaboration des politiques publiques sur la base de connaissances et de données probantes. Selon nous, c’est exactement ce qu’il manque au projet de réforme du gouvernement du Québec concernant le resserrement de l’accès au Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Non seulement le gouvernement exclut arbitrairement plusieurs programmes universitaires (dont la science politique et plusieurs autres), mais il semble insensible à la réalité actuelle et à venir de l’immigration et du marché de l’emploi.

Le Québec de demain aura besoin de travailleurs et travailleuses qualifié-e-s, peu importe leurs domaines d’études. Les diplômé-e-s en science politique ne manquent pas de débouchés et, nous le savons, ils et elles n’ont pas de problème de recrutement. On les retrouve dans les administrations publiques provinciales et fédérales, les ministères, les villes, les organismes sans but lucratif, les entreprises privées et les médias. Ils sont nombreux à assurer le fonctionnement de notre société et de notre démocratie.

De plus, les statistiques disponibles montrent clairement que la diplomation universitaire, peu importe la discipline d’étude, favorise l’employabilité des individus. D’ailleurs, la recherche montre que l’emploi constitue le meilleur moyen d’intégration. Combiné avec le vieillissement de la population et un taux de chômage structurellement bas, restreindre l’immigration et l’accessibilité au PEQ créera des problèmes plutôt que d’en régler.

Finalement, la décision politique du gouvernement pourrait compromettre la pérennité des programmes universitaires laissés pour compte, puisque dans certains cas 30 à 40% de nos étudiant.es viennent de l’extérieur du pays. Pourquoi choisir alors d’étudier au Québec où, visiblement, ils et elles ne sont plus les bienvenus? Pourquoi nuire à la recherche francophone ?

Comme le soulignait la Coalition avenir Québec en campagne électorale, il faut prendre soin des immigrant-e-s qui choisissent le Québec. La Société québécoise de science politique invite donc le gouvernement québécois à mettre en pratique ces soins promis aux immigrant-e-s tant dans ses dimensions qualitatives que quantitatives. Les diplômé-e-s de science politique qui choisissent de rester ici travaillent pour le Québec et cela, d’où qu’ils ou elles viennent. Leur contribution au Québec est fondamentale. Ne pas le reconnaître nous semble être une grave erreur.

 

Serge Granger
Président, au nom de la Société québécoise de science politique