Prix d’excellence

Créé en 2008, le prix d’excellence de la Société québécoise de science politique (SQSP) souligne la contribution exceptionnelle d’un/une politologue membre de la SQSP à l’avancement  des connaissances en science politique. Le prix est décerné à tous les deux ans au moment du congrès annuel de la SQSP, dans le cadre d’une séance spéciale mettant en relief l’apport scientifique du lauréat ou de la lauréate.

Récipiendaires des éditions précédentes

2016: François Rocher, Université d’Ottawa

Au cours de sa remarquable carrière professorale débutée en 1987 à l’Université d’Ottawa, le professeur Rocher est devenu une autorité incontournable, tant au niveau international qu’aux niveaux québécois
et canadien, dans les domaines du fédéralisme, de la politique constitutionnelle, de l’immigration et citoyenneté, ainsi que du nationalisme et du multiculturalisme en contexte canadien. Il a su construire une œuvre impressionnante, tant par sa qualité exceptionnelle que par son imposant volume. De même, au fil des années, il a fortement contribué au développement et à la consolidation des communautés de science politique québécoise et canadienne, notamment comme président de la SQSP (2001-2002), codirecteur de la Revue canadienne de science politique (1996-1999) et membre de nombreux comités d’évaluation pour le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH) et le Fonds société et culture (FQRSC). Il est également membre (souvent membre-fondateur) de plusieurs groupes de recherche d’importance, incluant le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP), le Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité au Québec (CRIDAQ), le Laboratoire de recherches en relations interculturelles (LABRI) et le Laboratoire d’études et de recherches sur le fédéralisme et les institutions (LERFI).

L’impact de ses travaux et de ses publications sur l’évolution de la recherche en science politique est immense et touche plusieurs domaines de la discipline. Ses nombreuses publications sur le fédéralisme canadien et la politique constitutionnelle ont forcé notre communauté intellectuelle à repenser la présence, la nature et l’intensité de la culture fédérale au sein des fonctions publiques provinciales. Pour contre-intuitif que cela puisse sembler, il a notamment démontré que c’est au sein de la fonction publique québécoise que cette culture fédérale est en réalité la plus forte. De même, dans un texte marquant publié dans la Revue canadienne de science politique, il a démontré empiriquement l’absence d’influence systématique et de longue date des intellectuel(le)s francophones sur leurs collègues anglophones au sein de la science politique canadienne. Cette dernière publication nous force tous et toutes, au sein de cette communauté, à repenser l’articulation et le fonctionnement de nos réseaux de recherche à travers le Canada et même à l’étranger. Il est à la fois possible et souhaitable que les nouvelles générations de chercheurs et chercheuses en science politique canadienne mettent davantage à profit la littérature francophone et, ainsi, participent à une reconfiguration importante des rapports entre les deux corpus scientifiques. Rien de cela n’aurait été imaginable sans la contribution distinctive de François Rocher à la recherche en science politique.

Son intérêt pour le fédéralisme transcende d’ailleurs le cas canadien pour en inclure d’autres dans une perspective comparée, notamment ceux de la Belgique, de l’Espagne (Catalogne), des États-Unis et du
Mexique. L’impact international de ses publications à ce sujet est d’ailleurs illustré par la multiplicité des langues dans lesquelles celles-ci sont diffusées : en plus du français et de l’anglais, on retrouve le catalan, l’espagnol (du Mexique) et l’allemand. À travers ses recherches comparées publiées dans toutes ces langues, le professeur Rocher a influencé l’évolution de la science politique bien au-delà des frontières québécoises et canadiennes, tout en faisant bénéficier la science politique canadienne et québécoise des fruits de ses nombreuses collaborations internationales. Et cela est tout aussi vrai dans le domaine de l’immigration et de la citoyenneté. Ses nombreuses publications, non seulement sur les rapports entre les communautés francophones et anglophones au Canada, mais aussi sur l’intégration de la communauté arabomusulmane
au Québec et au Canada, ont jeté des regards nouveaux sur l’exercice contemporain de la citoyenneté au sein d’un État plurinational et multiculturel. Il a ainsi remis en question de vieilles certitudes sur la dynamique qui rapproche, tout autant qu’elle éloigne, ces communautés. Le professeur Rocher a laissé une empreinte
indélébile dans ces domaines et ouvert la voie à la prochaine génération en sciences sociales.

2014 : Jane Jenson, Université de Montréal
Politologue prolifique et influente dont le renom dépasse depuis longtemps les frontières du Québec et du Canada, Jane Jenson se distingue de manière soutenue depuis le début des années 1970. Professeure au département de science politique de l’Université de Montréal où elle occupe la Chaire de recherche du Canada en citoyenneté et gouvernance, Jane Jenson est l’auteure d’une œuvre riche, variée et remarquable par sa profondeur conceptuelle et analytique. Qu’il s’agisse de ses études pionnières sur le système politique canadien, de ses travaux sur la place des femmes en politique, sur l’économie politique de l’État providence ou sur les défis de la gouvernance contemporaine ou encore de ses analyses des formes changeantes de la citoyenneté en Occident, Jane Jenson nous a constamment offert l’exemple d’une pensée novatrice et sophistiquée qui s’est généreusement déployée pour éclairer des réalités sociales et politiques complexes. Elle a dirigé les destinées de la Société québécoise de science politique en 1999-2000 et a également été présidente de l’Association canadienne de science politique en 1996-1997.

2012 : Caroline Andrew, Université d’Ottawa
Le Prix d’excellence 2012 a été remis à Caroline Andrew, professeure émérite de l’Université d’Ottawa, afin de souligner une carrière universitaire remarquable. Au cours de sa carrière, Caroline Andrew a mené des travaux importants concernant l’étude des femmes et de la politique, les politiques urbaines et la diversité culturelle. Caroline Andrew a aussi participé activement à de nombreuses initiatives communautaires, tant à caractère régional, national qu’international, contribuant ainsi activement à la diffusion des connaissances.

2010 : André Blais, Université de Montréal
M. André Blais est professeur titulaire au Département de science politique de l’Université de Montréal et responsable de la Chaire de recherche du Canada en études électorales. M. André Blais est un politologue prolifique. La liste quantitative de ses publications est impressionnante. Il est auteur ou co-auteur de 22 livres; auteur de 18 articles publiés dans des revues scientifiques; co-auteur de 129 articles publiés dans des revues scientifiques et 72 chapitres dans des livres.

Ses travaux dans le domaine des élections, des systèmes électoraux et de la participation électorale ont contribué de façon significative à l’avancement de la science politique au Québec et au Canada et lui ont valu une renommée internationale. M. André Blais est le président du comité de planification du Comparative Study of Electoral Systems, un projet qui réunit les responsables des études électorales d’une quarantaine de pays. Il est également le directeur du projet « Making Electoral Democracy Work » financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), qui regroupe une vingtaine de chercheurs canadiens, américains et européens.

2008 : Alain G. Gagnon, Université du Québec à Montréal
Alain-G. Gagnon est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CREQC) et directeur du Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité au Québec (CRIDAQ), Il enseigne au département de science politique de l’Université du Québec à Montréal. Depuis 1995, il dirige et prend part activement aux activités du Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP). Auteur et directeur de nombreuses publications scientifiques publiées dans plus de dix langues, il a reçu, en 2007, le prix Josep Maria Vilaseca i Marcet décerné par l’Institut d’Estudis Autonòmics du gouvernement de la Catalogne et le prix Marcel-Vincent remis par l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) et couronnant une riche carrière scientifique.